03/03/2007
On entre en Afghanistan comme dans un conte
Derrière l’actualité se cache un Afghanistan millénaire. On y entre comme dans un conte…
C’est un pays lointain logé au creux des montagnes de l’Asie Centrale, un pays de steppes et de vallées mystérieuses où flotte une atmosphère d’un autre âge. On appelle ses habitants les Afghans, mais derrière ce terme se trouve une multitude d’ethnies et de cultures : Tadjiks, Pachtounes, Uzbeks, Turkmènes, Hazaras… Chaque groupe représente un morceau d’histoire asiatique et perpétue des traditions ancestrales qui lui sont propres et qui font la richesse du pays.
C’est un pays de tribus, où les hommes sont les plus libres du monde. Leur caractère farouche et fier a été forgé par une histoire tumultueuse. Qu’ils soient artisans, paysans, seigneurs, nomades, caravaniers ou meneurs de troupeaux, tous sont épris de liberté et partagent un sens de l’honneur sans mesure. Peut-être parce que ce sont les descendants des grands conquérants qui ont balayé le pays depuis la nuit des temps...
C’est un pays où la nature est rude et belle, où l’homme n’a pas encore porté sa marque. Il y subsiste des contrées inviolées, des vallées perdues, des endroits inconnus.
C’est un pays de cavaliers. Leurs montures mythiques les accompagnent depuis toujours. Les légendes nous racontent qu’elles se nourrissent de vent et qu’elles transpirent le sang...
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03/01/2007
Extrait de Le Jeu du Roi, de Joseph Kessel
Réponses de Toursène aux questions de Kessel :
" Dans tout le vaste monde, il n’y avait point, disait-il, des chevaux comparables à ceux qu’exigeait l’effort du bouzkachi.
Bien entendu, il parlait des vraies, des grandes rencontres et non pas des jeux ordinaires où étaient admises toutes les montures. Il parlait des épreuves où s’affrontaient les meilleures bêtes, les meilleurs hommes pour l’honneur du propriétaire, du tchopendoz, de l’équipe, de la province… On les disputait sur des espaces sans bornes, par tout terrain, pendant des heures et des heures de galop furieux, de mêlées impitoyables, sous les coups des cravaches lestées de plomb.
Pour supporter un tel traitement et durant six mois de l’année, il fallait aux chevaux les qualités les plus rares et les plus contraires. Ils devaient être à la fois fougueux et patients, rapides comme les pur-sang de course et résistants comme les bêtes de bât, prêts à la moindre indication du genou, de l’éperon, de la rêne, pour la suite ou l’assaut. Un souffle inépuisable, une détente d’éclair, le courage du lion, l’obéissance et l’intelligence du chien le mieux dressé – voilà ce qu’on exigeait d’eux en même temps.
C’est pourquoi les meilleurs chevaux de bouzkachi ne pouvaient pas être des chevaux jeunes. Du reste, après avoir été soigneusement choisi dans les élevages et pour cet emploi exclusif (il ne serait plus jamais utilisé à autre chose), le poulain vivait en liberté complète jusqu’à l’âge de trois ans. On commençait alors à le seller, le monter. Mais il fallait attendre trois ans encore avant de le mettre à l’entraînement. Et cet entraînement même ne se faisait qu’avec lenteur, prudence et pour ainsi dire pas à pas. On formait la bête, exercice après exercice, muscle par muscle, aux fatigues, aux assauts, aux acrobaties terribles qu’exigeait le bouzkachi. Et c’est aux environs de la dixième année seulement que le cheval parvenait à la plénitude de sa condition physique. Il la conservait jusqu’à seize et dix-sept ans. Et l’on avait vu des bêtes qui, à vingt ans, gagnaient encore des bouzkachi. "
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